Dossier/Santé & bien-être
Psychologue, psychiatre, psychothérapeute : qui consulter ?
Quatre titres proches, quatre métiers différents. Formation, médicaments, remboursement : comment savoir par qui commencer selon ce que vous vivez.

Sommaire
- Le psychologue : le spécialiste du fonctionnement psychique
- Le psychiatre : le médecin des troubles psychiques
- Le psychothérapeute : un titre encadré depuis 2010
- Le psychanalyste : un titre libre
- Qui consulter selon votre situation ?
- Combien ça coûte et qu'est-ce qui est remboursé ?
- Comment savoir si l'on a trouvé la bonne personne ?
Quatre titres se ressemblent et prêtent à confusion : psychologue, psychiatre, psychothérapeute, psychanalyste. Ils ne recouvrent ni la même formation, ni les mêmes droits, ni le même remboursement.
Savoir qui fait quoi évite de perdre des mois avec le mauvais interlocuteur. Voici comment s'y retrouver, et par qui commencer selon ce que vous vivez.
Le psychologue : le spécialiste du fonctionnement psychique
Le titre de psychologue est protégé par la loi. Il est réservé aux titulaires d'un master de psychologie, soit cinq années d'études universitaires avec des stages encadrés.
Le psychologue évalue, accompagne et soigne par la parole et par des techniques validées : thérapie cognitive et comportementale, thérapie systémique, approche psychodynamique. Il ne prescrit aucun médicament.
Il peut aussi réaliser des bilans : tests de personnalité, bilan intellectuel chez l'enfant, bilan neuropsychologique de la mémoire ou de l'attention.
Le psychiatre : le médecin des troubles psychiques
Le psychiatre est un médecin, spécialisé après une dizaine d'années d'études. Il pose des diagnostics médicaux et peut prescrire des médicaments, des arrêts de travail et des hospitalisations.
Ses consultations sont prises en charge par l'Assurance maladie dans le cadre du parcours de soins, sur orientation du médecin traitant. Beaucoup de psychiatres pratiquent aussi une psychothérapie.
Le psychothérapeute : un titre encadré depuis 2010
Longtemps, n'importe qui pouvait se dire psychothérapeute. Depuis 2010, le titre est réglementé et inscrit sur un registre tenu par l'agence régionale de santé.
Il est accessible aux médecins, aux psychologues et aux professionnels qui ont suivi une formation en psychopathologie clinique. Vérifier cette inscription est un bon réflexe avant de s'engager.
Le psychanalyste : un titre libre
Le titre de psychanalyste n'est pas protégé. Il désigne une personne qui pratique la cure psychanalytique, en général après sa propre analyse et une formation dans une école ou une association.
Beaucoup de psychanalystes sont aussi psychologues ou psychiatres, mais ce n'est pas une obligation. Il vaut donc mieux demander quel est leur diplôme d'origine.
Qui consulter selon votre situation ?
| Votre situation | Premier interlocuteur conseillé |
|---|---|
| Stress, anxiété, difficulté passagère, deuil | Psychologue |
| Phobie, TOC, attaques de panique | Psychologue formé aux TCC, ou psychiatre |
| Dépression qui dure, idées noires | Médecin traitant puis psychiatre |
| Besoin d'un traitement médicamenteux | Psychiatre ou médecin traitant |
| Troubles de la mémoire ou de l'attention | Neuropsychologue |
| Difficultés d'un enfant | Pédiatre, puis psychologue de l'enfant |
Le médecin traitant reste une bonne porte d'entrée. Il connaît vos antécédents, peut écarter une cause physique (thyroïde, carence, effet d'un médicament) et vous orienter.
Combien ça coûte et qu'est-ce qui est remboursé ?
Les consultations de psychiatre sont remboursées comme celles d'un médecin spécialiste, avec d'éventuels dépassements d'honoraires. Celles de psychologue en libéral restent en général à votre charge.
Il existe toutefois des exceptions. Le dispositif Mon soutien psy rembourse un nombre limité de séances chez des psychologues partenaires, et certaines mutuelles prennent en charge quelques consultations par an.
Les centres médico-psychologiques (CMP) proposent par ailleurs des consultations gratuites avec des psychiatres et des psychologues, avec des délais parfois longs.
Comment savoir si l'on a trouvé la bonne personne ?
La compétence ne suffit pas : la qualité du lien compte beaucoup dans l'efficacité d'une thérapie. Après deux ou trois séances, vous devez vous sentir écouté, compris et en confiance.
Un bon praticien explique sa méthode, fixe des objectifs avec vous et accepte la question « comment saura-t-on que ça marche ? ». Changer de professionnel n'est jamais un échec.
En cas d'urgence. Si vous avez des idées suicidaires ou si un proche est en danger, appelez le 3114 (prévention du suicide, gratuit, jour et nuit) ou le 15.
